LECTURE | Le Bonheur organisationnel pour engager les collaborateurs.

Ignacio Fernandez  Directeur associé du LEAD Institute Chile (Institut de Leadership Effectif pour la Haute Performance) illustre le rôle de l’entreprise et du salarié dans leur bien-être dans leurs organisations. Un regard qui vient de très loin mais qui rejoint les tendances actuelles en France et en Europe, et surtout qui rejoint complètement ma vision et ma philosophie.

Bonheur organisationnel et gestion des personnes.

Lundi 21 mai 2018, par Ignacio Fernandez

Source: http://ignaciofernandez.blogspot.com/

C’est la mode de parler de bonheur. Mais ce n’est pas qu’une mode. Il s’agit d’un nouveau paradigme, fondé sur des preuves scientifiques et sur une pratique professionnelle d’excellence, et d’une nouvelle forme de gestion stratégique pour consolider les avantages concurrentiels des organisations et promouvoir le bien-être psychosocial des collaborateurs. Si vous l’aviez rejeté parce que cela vous semble banal, infondé ou autre jugement disqualifiant, il est temps d’y prêter attention, car il s’agira du modèle de gestion des personnes à moyen terme de la plupart des entreprises des pays en développement.

Le bonheur organisationnel est la capacité d’une organisation d’offrir et de fournir à ses employés les conditions de travail et les processus qui permettent le déploiement de leurs forces individuelles et collectives, afin d’orienter le rendement vers des objectifs organisationnels durables et viables, en bâtissant ainsi un actif organisationnel intangible difficile à imiter.

Il est fondamental de faire la différence entre le bonheur organisationnel et le bonheur au travail. Le bonheur organisationnel est la capacité de l’organisation à coordonner les ressources et la gestion pour faire une proposition de valeur pour les travailleurs qui équilibre la santé financière de l’entreprise et le bien-être psychosocial des collaborateurs. Le bonheur au travail est la perception personnelle et subjective des travailleurs de leur bien-être, de leur épanouissement et de leur santé au travail.

La perception du bonheur au travail est le principal indicateur du bonheur organisationnel, car elle tient compte du bien-être, de la santé et de la plénitude des travailleurs dans leur travail et leur organisation.

La limite du bonheur organisationnel réside dans la responsabilité individuelle, car les sceptiques de la gestion du bonheur au travail supposent que les « entreprises pro-bonheur » le font parce que, avec un portefeuille généreux et illimité, elles paient et prennent soin des problèmes des gens. Dans leur scepticisme, ils s’exclament : «tout le monde fait comme ça, on achète et on infantilise» C’est le contraire. Les entreprises accompagnent les collaborateurs pour qu’ils assument leurs responsabilités individuelles d’adultes et mettent la volonté des équipes et des réseaux organisationnels au service des personnes. Le bien-être subjectif des personnes est placé au centre de la vie organisationnelle.

Le bonheur organisationnel est une co-responsabilité entre l’entreprise et le travailleur. La responsabilité ultime du bonheur demeure personnelle. L’entreprise ne peut pas prendre en charge le bonheur des travailleurs. Ce qu’une organisation doit faire, c’est faciliter les conditions organisationnelles pour le déploiement du bien-être psychologique et les forces des individus et des équipes. Le bonheur organisationnel est une responsabilité de l’entreprise. Le bonheur au travail est une responsabilité des travailleurs. Nous sommes co-responsables de la vie pleine et entière au travail.

Cette nouvelle façon de gérer les ressources humaines posera des défis majeurs à la gestion des ressources humaines. Le premier est l’extension du paradigme administratif au paradigme du bonheur au centre de la stratégie organisationnelle, des relations impersonnelles aux relations de confiance, des ressources humaines à l’être humain dans son ensemble qui met volontairement ses forces au service d’une organisation ayant du sens.

D’autres défis seront le développement de leaders forts et proches, l’élargissement de leur rôle administratif aux rôles de service et d’accompagnement des patrons et des travailleurs, la refonte des processus et des procédures de gestion des personnes, et la conception d’une offre de valeur attractive pour les employés.

Cela vous semble-t-il utopique par rapport votre réalité ? C’est pourtant possible. Plusieurs entreprises au Chili, en Espagne et dans le reste du monde, grandes et petites, commencent à mettre en œuvre des pratiques qui favorisent le bien-être, la santé au travail, la qualité de vie et le bonheur organisationnel, avec des résultats remarquables et durables.